vendredi 27 juin 2014

"Un homme conscient de sa force n'écrase pas une femme
Un homme conscient de sa force n'a pas peur de la force de sa femme, il est fier

Seuls les gens vrais, pleinement réalisés et authentiques peuvent se permettre de dévoiler au grand jour leurs émotions et sentiments.

Les imposteurs (pervers et autres psychopathes) doivent sans cesse simuler et vivent dans la confusion, l'instabilité et la noirceur."

mercredi 25 juin 2014

À quoi reconnaît-on ce que l'on aime.

À quoi reconnaît-on ce que l'on aime?
À cet accès soudain de calme, à ce coup porté au cœur et à l'hémorragie qui s'ensuit - une hémorragie de silence dans la parole. 
Ce que l'on aime n'a pas de nom. 
Cela s'approche de nous et pose sa main sur notre épaule avant que nous ayons trouvé un mot pour l'arrêter, pour le nommer, pour l'arrêter en le nommant. 
(Une petite robe de fête, coll. folio #2466, p. 28)

TAO

« Il y avait quelque chose d'indéterminé avant la naissance de l'univers.
Ce quelque chose est muet et vide.
Il est indépendant et inaltérable.
Il circule partout sans se lasser jamais.
Ne connaissant pas son nom, je le dénomme "Tao".
Lao Tseu

livre à lire


jeudi 19 juin 2014

Entretien avec Dr Van Lommel sur les EMI

Pim van Lommel est un cardiologue hospitalier néerlandais. Il est notamment connu pour l'intérêt qu'il porte aux expériences de mort imminentes (EMI) (en anglais : Near Death Experiences / NDE) à travers des conférences et des articles, dont le plus célèbre a été publié en 2001 dans la revue médicale The Lancet.

EMI (Expérience de Mort Imminente)


dimanche 15 juin 2014

QUATRE TRUCS POUR DÉSAMORCER LA COLÈRE ET ALIMENTER LA COMPASSION 2


Mesure émotionnelle active
Par Judith Orloff
  • Si vous êtes fâché, faites une pause et comptez lentement jusqu'à dix. Pour compenser l'adrénaline provoquée par la colère, entraînez-vous à ne pas riposter impulsivement, Même si la personne est infâme, attendez avant d'ouvrir la bouche. Prenez quelques respirations profondes et, très lentement, comptez jusqu'à dix en silence (ou jusqu'à cinquante, s'il le faut). Utilisez cette accalmie pour vous ressaisir avant de décider de la chose à faire. Répétez en vous-même "Le calme est magnifique", afin de vous détendre. Faire preuve de cette maîtrise de soi délibérée vous met aux commandes de l'échange et vous évite des répercussions déplorables.
  • Accordez-vous une période pour retrouver votre sang-froid. Pour apaiser encore davantage vos neurotransmetteurs, faites une pause plus longue de quelques heures ou plus. Si vous êtes énervé, ou après une altercation, retirez-vous dans un cadre paisible pour réduire votre stress. Limitez les stimuli externes. Tamisez les lumières. Écoutez une musique apaisante. Méditez. Effectuez quelques exercices aérobiques ou du yoga pour évacuer la colère de votre organisme et vous détendre...
  • Ne tentez pas d'aborder votre colère quand vous êtes pressé. Assurez-vous d'avoir assez de temps pour aborder ce qui vous a rendu furieux. En neurosciences, des recherches sur le phénomène du bon Samaritain révèlent que le fait d'être pressé fait obstacle à notre compassion innée. Une étude de l'université de Princeton a démontré que même après avoir assisté à une conférence sur le bon Samaritain, des étudiants en théologie ne s'arrêtaient pas pour secourir une personne en détresse sur la rue s'ils croyaient être en retard à leur prochain cours. La morale: s'accorder un moment de détente pour résoudre un conflit permet d'avoir une réaction plus compatissante.
  • Ne tentez pas d'examiner votre colère si vous êtes fatigué, ni même avant d'aller dormir. Puisque la colère agite votre organisme, elle interfère avec la qualité du sommeil et entraîne l'insomnie. L'esprit tourne en rond. Mieux vaut examiner votre colère plus tôt dans la journée, pour laisser le temps à votre adrénaline de s'apaiser. Et bien reposé, vous êtes moins enclin à réagir avec impatience et vous pouvez préserver votre équilibre.
Ces précautions vous évitent d'être assailli par les substances biochimiques produites par la colère. Vous avez alors la lucidité et la patience de donner l'exemple d'une forme d'être plus compatissante, un témoignage de la manière dont notre cerveau a évolué. Comme je l'ai décrit précédemment pour l'empathie, nos neurones miroirs faciliteront cette transformation du cœur en créant une passerelle entre cerveaux conçue pour nous permettre de nous relier intimement à l'autre. Si vous êtes en présence d'une personne furieuse, ou sereine, ces émotions se refléteront en vous. Voilà pourquoi, devant la colère, il faut personnifier la compassion pour évoluer au-delà de la mentalité de l'homme de Néandertal, celle de "tuer ou d'être tué", Il est possible de mettre cela en pratique dès maintenant. Commencez par vos propres relations. Comme le disait Gandhi, il faut "être le changement" que nous souhaitons voir.
DÉCOUVRIR LE SENS SPIRITUEL DE LA COLÈRE ET DE LA COMPASSION
La compassion est une forme radicale d'activisme spirituel qui permet, comme jamais, de percer à jour la colère. Il faut observer cette émotion depuis le haut de la montagne, plutôt qu'à son propre niveau. On peut dénicher une foule de bonnes raisons pour ne pas éprouver de compassion. L'autre ne la mérite pas. Il avait bien cherché ce qui lui est tombé dessus. Il est bien au-delà de toute forme de clémence. Une fois que nous accédons à notre spiritualité pour contrer cette émotion handicapante, ces manières habituelles et limitées de réagir à la colère sont toutefois désuètes.

Voici un exemple qui illustre mon idée. Un jour, une femme s'est rendue à Dharamsala, en Inde, pour interviewer le dalaï-lama. Dans la rue, elle aperçut un homme qui battait cruellement un chien. Elle interrogea le dalaï-lama à ce sujet. Il lui répondit que "la compassion, c'est plaindre l'homme autant que le chien". Inutile de le dire, il est légitime de se désoler face à l'abject salaud qui frappe un chien innocent, ou qui que ce soit. Mais d'un point de vue spirituel, il ne faut pas s'arrêter là. Il faut aussi reconnaître la souffrance de l'auteur de cet acte répréhensible, laquelle souffrance le pousse à cette brutalité. Sans fermer les yeux, il faut percevoir avec justesse la douleur qui motive tout acte de colère. Sur le plan de la liberté émotionnelle, cette conscience nous conduira à transformer la colère en nous et à imprégner de compassion notre approche de la colère en autrui. Je sais qu'il est difficile d'en saisir le sens. Pourtant, jusqu'à ce que nous puissions regarder la colère en face et réagir autrement, notre évolution ne sera que minime.
Transformer la colère exige une compassion authentique, souvent difficilement acquise, et non pas une compassion artificielle qui ne se manifeste que lorsque les gens regardent, ou par rectitude politique. Sachez aussi que les gestes de bonté extravagants n'éclipsent pas la valeur de la décence humaine, leur cousine plus discrète. Il est fort difficile de transformer la colère. Même si vous travaillez avec cœur sur cette émotion, il est toujours possible que vous vous emportiez facilement ou que vous succombiez à un comportement dont vous n'êtes pas fier...
Ah, la colère! Elle s'empare de nous si totalement, si spontanément. Attendez-vous à cela. Que vous portiez une robe safran ou pas, efforcez-vous de mobiliser votre identité la plus noble dans tous les domaines de la vie, notamment dans les circonstances les plus difficiles. Ce peut être toutefois déroutant, car la culture occidentale voit la colère de manière équivoque: elle dénonce ses formes extrêmes, mais tend à estimer que ses formes plus atténuées sont des atouts nécessaires qui permettent d'être agressif et de réussir...
Voici quatre directives spirituelles pour vous aider à cultiver la compassion qui transformera la colère au quotidien. Elles vous donneront un centre de gravité plus solide lorsque vous lutterez contre la colère et vous permettront d'apprécier votre réaction.

Directive 1. Se résoudre à se défaire des rancunes
Le ressentiment est un grief ou une rancune que vous entretenez après avoir été mal traité. Il est facile de se cramponner à tous les incidents qui vous ont exaspéré, d'une coiffeuse bavarde à un ex infidèle. Et si vous faisiez un sondage, plusieurs prendraient votre parti quant à votre droit de garder rancœur. Selon cette logique, avec le temps et à mesure que se décuplent les ressentiments, vous avez "le droit" d'être de plus en plus en colère, de ressasser la litanie incessante de vos complaintes. Mais voulez-vous être cette personne acerbe? Pour votre liberté émotionnelle, décidez plutôt de travailler à lâcher prise devant les rancœurs et à laisser la compassion les purifier... Renoncer à ses vieilles blessures est difficile, parfois impossible. L'idée vous rebute peut-être. Cependant, pour devenir un être extraordinaire, un être qui accorde davantage de valeur à la compassion qu'à la haine, le pardon est indispensable.

Directive 2. Cultiver le pardon
Le pardon, c'est l'acte spirituel qui consiste à se défaire, par compassion, des rancunes, de la colère ou du désir de punir quelqu'un, ou vous-même, à cause d'une offense. C'est un état de grâce impossible à contraindre ou à feindre. Il n'y a pas de raccourci pour y parvenir. Par erreur, quelques patients vraiment désireux d'être "spirituels" ont prématurément tenté de passer directement au pardon après avoir été sérieusement blessés sur le plan affectif. Impossible. Il faut d'abord éprouver la colère avant de commencer à pardonner. En psychiatrie de l'énergie, je guide graduellement les patients vers la noblesse de cœur qui pardonne les blessures causées par autrui ou par soi-même. Une étude menée à Stanford démontre que recourir au pardon diminue le stress, la colère et les symptômes psychosomatiques.
Le pardon vient de votre identité la plus noble; il élargit la vision. Pour tout dire, il vous profite davantage qu'à n'importe qui d'autre puisqu'il vous délivre de la négativité et vous donne l'occasion de passer à autre chose. Pardonner ne dissoudra pas totalement la colère, mais cela vous accordera la liberté de savoir que vous valez bien davantage. Je le répète: le pardon concerne l'auteur de ce geste, pas le geste en soi. Il s'adresse non pas à l'offense, mais à la blessure de l'individu. Cela ne signifie pas revenir vers votre partenaire violent par compassion pour l'être abîmé qu'il est. Vous souhaitez naturellement vous soustraire aux sévices. Néanmoins, par la distance, vous pouvez tenter de pardonner la souffrance consciente ou inconsciente qui a motivé l'acte en question. Votre désir de transformer la colère appelle la paix et vaut bien l'effort spirituel requis.
Dans le contexte du pardon, effectuez cette vérification des faits: dans la relation, l'autre apporte toute une vie de blessures, et son comportement le concerne donc davantage lui que vous-même. À l'instar de l'une de mes patientes, vous direz peut-être avec raison: "Je suis blessée et furieuse que mon partenaire m'ait quittée et qu'il ait même refusé d'en parler. N'est-il pas raisonnable de vouloir en discuter?" Bien sûr. Mais votre besoin ne prend pas en compte la terreur de l'intimité qu'a votre conjoint et le fait qu'il ferait n'importe quoi pour s'y soustraire entre vous, ou dans toute relation. Malheureusement, les craintes et les insuffisances de votre partenaire l'ont emporté sur vos besoins. Pour pardonner tout en guérissant la colère, il vous faudra évaluer à qui vous avez affaire, le bon comme le mauvais. Souvent, les gens font de leur mieux - ce qui ne vaut pas grand-chose à votre sens, mais c'est la déplorable vérité de la situation. Accepter la réalité des limites de l'autre permet de pardonner et de surmonter les vieux ressentiments afin de pouvoir atteindre au bonheur, à la paix et à l'amour recherchés.
La compassion ouvre une porte dissimulée conduisant à un univers secret, au-delà de la colère. Néanmoins, les sentiments de rage ou de pardon ne sont pas mutuellement exclusifs. Vous pouvez éprouver simultanément divers degrés des deux. Au début, peut-être pardonnerez-vous un petit peu et vous sentirez-vous très furieux. Puis, avec les progrès de la septième transformation, la balance penchera graduellement vers le pardon, car votre attachement à la colère diminuera.

Directive 3. Présenter des excuses
Si votre colère n'est pas constructive, vous pouvez toujours vous excuser ou tenter de vous racheter, en modifiant votre comportement de manière active ou en prenant des mesures pour défaire ou minimiser les torts. Nous devons le reconnaître, mettre de côté notre besoin arrogant d'avoir "raison ", ou admettre que nous avons été insensibles ou que nous avons eu tort, nous restera peut-être en travers de la gorge. Malgré tout, c'est un geste humble et tendre fort apprécié. Comme nous l'avons souligné déjà, la colère ne se limite pas aux emportements. Une gradation de cette émotion existe. Elle peut s'exprimer de diverses façons: on peut être dur, impérieux, porter des jugements catégoriques ou se montrer condescendant...
Peu importe comment votre colère s'est exprimée, tentez de demander pardon le plus rapidement possible. Les excuses peuvent, pour la plupart, être brèves et gentilles, bien que certaines exigeront une discussion plus longue. Prendre le téléphone pour avouer avec sincérité que vous êtes désolé allégera l'atmosphère et évitera d'aggraver le ressentiment. Il ne s'agit pas de débiter des excuses, mais d'admettre avec sincérité que vous avez eu tort. Par ailleurs, il faudra parfois vous racheter concrètement. Demandez à la personne ce que vous pouvez faire en guise de compensation. Par exemple, vous mettre d'accord pour échelonner des paiements en vue de rembourser une dette, ou rétablir la vérité concernant une rumeur nocive lancée par vous-même. Dans le cas de nombre de transgressions affectives, les meilleurs dédommagements consistent à s'excuser, à écouter ce que l'autre a à dire, à reconnaître la blessure que vous avez causée, puis à systématiquement traiter la personne correctement.

Directive 4. Résister au désir de vengeance
La vengeance, c'est le désir de rendre la pareille à quelqu'un qui vous a fait du tort. Il est naturel d'être en colère, de vous dire que vous n'allez pas laisser ce salaud s'en tirer, peu importe ce qu'il a fait. La vengeance vous réduit toutefois au pire en vous et vous rabaisse à ces êtres méprisables que vous prétendez détester. Il va de soi que si quelqu'un vous frappe, vous aurez l'impulsion de le frapper à votre tour; c'est le point de départ de toute guerre. Pour s'épanouir sur le plan personnel et en tant qu'espèce, il faut résister à cette envie prévisible de vengeance. Il faut chercher à réparer les torts plus positivement. Cela ne fait pas de vous une carpette; vous refusez simplement d'agir d'une manière destructive et lassante qui empêchera de jamais trouver la paix. Je suggère la version qui consiste à "tendre l'autre joue ", tout en faisant le maximum pour préserver ce qui est important pour vous. Le plus difficile, par contre, c'est de voir quelqu'un "s'en tirer malgré ce qu'il a fait", sans pouvoir rien y changer. Oui, votre femme vous a quitté pour convoler avec son professeur de yoga. Oui, votre collègue fourbe vous a trahi. Quand je suis confrontée à ces situations exaspérantes, je trouve consolation dans la notion du karma, à savoir que tôt ou tard tout nous revient. Pour moi, il ne s'agit pas d'une rationalisation, mais d'un principe auquel je crois fermement. Je sais également que la meilleure vengeance est votre réussite, votre bonheur et le triomphe de ne pas accorder aux gens vindicatifs une suprématie sur votre sérénité.
Pour goûter directement les fruits du pardon, effectuez l'exercice qui suit. Conjuguez-le avec le processus de guérison et de transformation de la colère.

samedi 14 juin 2014

Travailler sur la colère 1

AFFRONTER LA COLÈRE, DÉVELOPPER LA COMPASSION
par
JUDITH ORLOFF



QUI DIT QUE L'ON NE PEUT CHANGER?... 

La septième transformation examine la dynamique de la colère et offre de nombreuses stratégies pour en triompher grâce à la compassion. Déceler la colère, l'assumer et vous en défaire sans y succomber, sans tirer à bout portant sur les autres ou les aliéner cela vous apportera le pouvoir et améliorera vos rapports. Dans ma pratique psychiatrique, j'ai constaté qu'exprimer sa colère de manière positive peut être libérateur sur le plan personnel et améliorer la communication. J'ai aussi été témoin de la puissance destructrice de la colère, orientée vers soi-même ou vers autrui. La colère est toxique pour votre organisme et elle endommage les relations à moins d'être exprimée sainement, une aptitude qui fait défaut à la plupart des gens. Elle vous consumera, fermera votre cœur et vous empêchera de réfléchir clairement. Parmi toutes les émotions négatives, c'est celle qui est la plus susceptible de dégénérer en agression physique ou verbale. Je suis bien résolue à travailler cette émotion potentiellement incendiaire aussi rapidement que possible (non pas à la refouler ni à la vomir sur l'autre) pour qu'elle ne suscite en moi aucune anxiété ni ne me rende malade, ou qu'elle ne blesse personne. Au fil des ans, j'ai dû m'accrocher à mon siège et à mon centre pendant nombre de séances de thérapie de couple où les conjoints s'apostrophaient avec virulence jusqu'à ce qu'ils aient appris à se traiter avec plus de compassion. Lancer méchamment au partenaire "mère indigne" ou "amant pitoyable" blesse profondément. Certaines paroles resteront presque impossibles à effacer. La colère est tout à fait humaine, mais je décrirai comment la dominer au lieu d'y être asservi.

QU'EST-CE QUI VOUS MET EN COLÈRE ?
La colère (du latin angere, qui signifie "étrangler") est un sentiment intense de déplaisir et d'antagonisme qui survient lorsqu'un besoin n'est pas comblé ou qu'une attente ne se réalise pas. En règle générale, qu'est-ce qui vous fait bouillir? Être traité injustement, être manipulé, voir qu'on vous manque de respect, notamment si c'est délibéré. De même, vous sentir non apprécié, menacé ou voir vos frontières émotionnelles ou physiques transgressées. Selon des études, les couples se querellent le plus souvent à propos du sexe, de l'argent, des enfants et des tâches domestiques. Pour ma part, ce qui me met le plus en fureur, c'est que quelqu'un ose me dicter ce que je dois éprouver ou être...
La colère résulte d'un vaste spectre de situations. De contrariétés de tous les jours: la chambre en désordre de votre adolescent, la voix tonitruante d'un collègue de bureau. Elle peut également découler de provocations plus graves: votre conjoint a une liaison, une amie tente de s'emparer de votre poste. Au-delà du domaine personnel, des faux-semblants comme le racisme ou la pollution vous mettront hors de vous. Vous pouvez aussi être furieux contre Dieu pour ce qui vous semble injuste - guerres, problèmes de santé ou solitude. Selon les circonstances, la colère ira de l'agacement léger à la rage meurtrière.
À dire vrai, notre existence en ce XXIe siècle est si contaminée par l'exaspération que nous avons désormais des noms pour désigner divers types d'emportements. Rage au volant. Rage dans l'avion. Rage au bureau. Rage au cellulaire. Rage à l'épicerie... Quantité de gens éprouvent une colère tellement refoulée et non examinée, qui mijote sous la surface, qu'il suffit de provocations mineures pour qu'elle explose. Ils sont dès lors plus susceptibles d'invectiver un serveur parce que la soupe est tiède ou un partenaire parce que le linge sale traîne par terre. Les résultats seront parfois tragiques... Une telle fureur incontrôlée peut avoir des conséquences physiques et émotionnelles dévastatrices.
La septième transformation offre des solutions pour aborder la colère, justifiée ou pas, et savoir comment gérer, sans être anéanti, toute colère dirigée contre vous. Vous vous mettrez à évaluer honnêtement le rôle actuel de cette émotion dans votre vie - un acte important s'il en est, car il est impossible de la réprimer sans conséquences. La colère tend à changer de forme. Intériorisée, elle se muera en dépression ou en d'autres émotions douloureuses. Elle provoquera aussi des manifestations et des purges diverses, allant de reflux acides, d'éruptions cutanées jusqu'aux diarrhées. Ou encore, elle se manifestera inconsciemment sous forme d'agressions passives - humilier les autres, refuser d'exprimer de l'affection, faire preuve de méchanceté ou de médisance. Ignorant que votre colère a été déplacée, vous critiquerez sournoisement ou dénigrerez autrui, ce qui ne vous vaudra pas l'affection générale. Pour éviter un tel sort, répondez au questionnaire ci-dessous pour élucider l'emprise de cette colère sur vous.

Questionnaire sur la colère: Suis-je en colère?
  • Quand je suis blessé, ai-je le désir de blesser l'autre?
  • Les petites choses m'irritent-elles?
  • Suis-je fréquemment irascible, tyrannique ou querelleur ?
  • Ma colère est-elle difficile à maîtriser?
  • Au cours d'un conflit, est-ce que je dis des choses que je regrette par la suite?
  • Est-ce que j'émets des remarques critiques ou cinglantes?
  • Ma colère blesse-t-elle les êtres qui me sont chers?
  • Suis-je rancunier?
  • Est-ce que je perds mon sang-froid dans les embouteillages ou en faisant la queue?

Sept à neuf réponses affirmatives indiquent un fort degré de colère, beaucoup trop en réalité, au point de vous nuire ou de nuire à autrui. Quatre à six réponses affirmatives signalent un degré modéré de colère sur lequel il faudra travailler. Une à trois réponses affirmatives dénotent un taux minimal de colère. Aucune réponse affirmative révèle que vous êtes en territoire pacifique.
Même si vous portez actuellement en vous une forte colère, la compassion permettra de modifier des schémas de longue date afin que vous puissiez réagir plus efficacement. La compassion se définit comme la capacité humaine d'empathie pour votre souffrance, vos défauts et vos aspirations, ou ceux de quelqu'un d'autre, empathie qui vous pousse à secourir l'autre dans le besoin. Il s'agit d'un amour inconditionnel si doux qu'il est capable de dissoudre la colère en vous. La simple vue d'une scène touchante peut également éveiller la compassion - une maman oiseau donnant la becquée à son oisillon ou un ami travailleur qui réalise son rêve de carrière. La compassion s'avère indispensable pour transformer toute émotion négative, mais elle est particulièrement essentielle à la colère. Pourquoi? Parce qu'elle permet de révéler et de guérir avec bonheur la blessure qui sous-tend cette émotion. Autrement, vous demeurez inconscient des causes profondes de votre colère et risquez ainsi de devenir hypocrite ou agressif. En développant la compassion, vous réagirez moins fortement. Si un individu se fâche contre vous, vous ne succomberez pas à ce que mon maître spirituel appelle "la vieille réaction qui consiste à hurler, à punir ou à brandir un bâton pour le chasser". Cela n'excuse pas le comportement délétère de l'autre, mais la compassion permet une intuition plus fine quant à la raison de cette colère, afin que vous puissiez réagir plus raisonnablement et pardonner, une pratique libératrice que j'expliquerai plus loin.
La septième transformation exige une redéfinition radicale de la colère par le biais de la compassion. Cela sera possible en comprenant la biologie, le caractère spirituel, la puissance énergétique et la psychologie de cette émotion. Vous aurez dès lors des options plus éclairées que simplement sortir vos griffes, vous fermer ou refouler cette colère. Vous apprendrez également à transiger avec les tyrans et avec les médisances, et à reconnaître les effets néfastes de la vengeance et de la malveillance. Avoir de la compassion ne signifie pas, toutefois, que vous n'éprouverez jamais de colère ou que vous servirez de carpette aux autres. Si l'on vous a fait du tort, ou en présence d'injustices, la colère est fondée. Il est approprié de fixer des limites nettes en vue de circonscrire les comportements blessants ou de vous retirer de situations malsaines. Mais la colère devient souffrance si elle vous consume. Je suis inconditionnellement d'accord avec ces propos de Krishnamurti: "Pour mettre un terme à la violence, nous devons persister avec opiniâtreté à nous libérer de la violence à l'intérieur de nous. " Voilà l'objectif des stratégies de ce chapitre.

Anatomie de la colère et de la compassion: Mettre en œuvre la septième transformation
La grande valeur de cette transformation, c'est qu'elle vous prépare à éveiller plus rapidement la compassion en présence de la colère. Au fil de décennies de pratique médicale, j'ai compris que la plupart des patients ne désirent pas ne pas être compatissants; ils ne songent tout simplement pas à recourir à la compassion quand ils sont en colère ou ne s'arrêtent pas assez longtemps dans les moments de fureur pour y faire appel. La compassion est un géant assoupi en vous qu'il faut éveiller par une prise de conscience. Dans les sections qui suivent, vous apprendrez à reconnaître les tout premiers symptômes de la colère et à traiter avec compassion la situation qui l'a provoquée.

REPROGRAMMER LA BIOLOGIE DE LA COLÈRE ET DE LA COMPASSION
La colère est intensément physique, et ce, de manière très primale. Réfléchissez à ce qu'elle fait à votre corps. Supposons qu'un collègue se joue de vous au moment d'une transaction. Vous êtes furieux. Votre amygdale stimule une production d'adrénaline. Votre énergie décuplée vous incite au combat. Le sang afflue dans vos mains, rendant plus facile la prise d'une arme. Votre cœur bat plus vite. Votre respiration est laborieuse. Vos pupilles se dilatent. Vous suez. Dans cet état bouillant d'adrénaline, l'agressivité s'intensifie. Votre ton monte, vous pointez un doigt accusateur vers cet individu, vous le fusillez du regard, vous agitez les bras, vous l'intimidez verbalement et transgressez son espace personnel. Dans des cas extrêmes, vous serez incité à littéralement l'assommer ou à le tabasser. Sur le plan de la survie pure, vous cherchez à dominer et à riposter pour vous protéger et empêcher que l'exploitation n'aille plus loin. (Autrement, si vous subissez une colère, vous êtes porté à combattre ou à prendre la fuite, en fonction de votre mécanisme de survie.) La colère est l'une des pulsions les plus difficiles à maîtriser, car sa raison d'être évolutionnaire est de vous préparer à vous défendre contre le danger.
Biologiquement, quelles variables vous rendent plus sujets à la colère? En premier lieu, l'accumulation de stress. Voilà pourquoi vous explosez plus spontanément après une journée frustrante au bureau. En deuxième lieu, le fait de laisser couver la colère et les rancœurs. Si la colère devient chronique, le cortisol, une hormone de stress, contribue à son bouillonnement prolongé. Si vous demeurez dans cette condition, cela vous rend à cran, soupe au lait. Il est scientifiquement démontré que la colère s'attise d'elle-même. L'effet est cumulatif; chaque épisode de colère repose sur l'essor hormonal de l'épisode antérieur. Par exemple, les mères les plus dévouées et aimantes s'apercevront soudainement à leur grande horreur qu'elles hurlent après leurs enfants si elles ne savent pas diffuser constructivement une accumulation d'irritations. Voilà pourquoi votre biologie vous enseigne à casser promptement le cycle de l'hostilité et à ne pas ruminer le passé, car il nuit à votre bien-être.
Pour une santé optimale, vous devez traiter votre colère. Mais il ne s'agit pas de continuer à exploser quand une chose vous dérange; il vous faut plutôt acquérir des stratégies favorables au corps pour exprimer cette émotion. Sinon, vous serez prédisposé à des maux tels que les migraines, le syndrome du côlon irritable ou la douleur chronique, que le stress exacerbe. Votre tension artérielle grimpera en flèche et vos vaisseaux sanguins se contracteront, ce qui compromettra la circulation du sang au cœur...
Quelle est donc la solution? Cultiver la compassion améliorera votre santé et reprogrammera biologiquement votre approche de la colère en vous entraînant à la considérer sous un autre jour. Vous pouvez, bien sûr, agir cruellement ou déverser votre rage sur les autres. Vous aurez peut-être même brièvement l'impression d'une catharsis, mais cela ne profitera en rien à votre santé, à votre système immunitaire, et ne prolongera pas votre vie ni vos amitiés. La compassion, en revanche, vous permet de vous dire au milieu d'une querelle: "Cette situation est douloureuse. Je suis furieux. L'autre aussi. Malgré tout, comment puis-je être clément à mon égard et ne pas réagir par vengeance?" Ce bond prodigieux de la conscience tempère la réaction de lutte ou de fuite, apaise votre organisme et adoucit l'instinct meurtrier qui ne cherche qu'à nuire en ripostant. Vous pouvez ensuite tenter de combler vos besoins par des voies plus pacifiques. Cela ne signifie pas, cependant, de ne pas exprimer vos sentiments. Toutefois, la compassion colorera le ton et l'énergie de votre expression et permettra plus d'empathie pour la blessure qui sous-tend votre colère et celle de l'autre...
Les exercices ci-dessous reprogrammeront la biologie de la colère grâce à la compassion. Ces techniques simples et pleines de bon sens calmeront les échanges incendiaires, que vous soyez victime ou auteur de la colère.

Que sait-on vraiment de la réalité?


jeudi 29 mai 2014

La frustration

La frustration est un état mental d'insatisfaction caractérisé par un déséquilibre entre un désir ou une attente, et sa réalisation.

Les sources de frustration peuvent être internes ou externes.
Les sources internes proviennent de déficiences personnelles : insatisfaction, manque de confiance, peur, etc.
Les causes externes sont générées par une interférence ou un conflit avec une autre personne, qui empêche d'atteindre le but désiré : jalousie, rancune, orgueil, etc.

Facteurs favorisant la frustration
- la société et sa structure
- le statut social
- le conditionnement de l'individu
- le système hiérarchique du pouvoir
- le bombardement publicitaire
- le snobisme, le faux-self, l'orgueil, l'impatience
- le sentiment d'injustice et la révolte qui en découle
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Comment vivre ses frustrations ... sans faire de morts ?
- soigner sa jalousie, son envie, son orgueil, ses rancunes, sa révolte
- utiliser l'humour, et pourquoi pas ... la dérision !
- apprendre à vivre intensément le moment présent et l'accepter tel qu'il est
- assumer, sublimer ... nourrir son âme et avoir une vie profonde
- et surtout : changer de système de fonctionnement !

Le bonheur et l'ascèse
L'ascèse consiste, comme le dit Maurice Béjart, " à choisir perpétuellement l'essentiel".
Et Béjart ajoute : "c'est en ne gardant que l'essentiel et le nécessaire que l'on trouve les forces de la vitalité et de la vérité. [...] L'épanouissement doit être une ascèse, un dépouillement qui n'est pas une contrainte négative comme la mortification. [...] Je crois qu'actuellement le drame de l'époque consiste à faire croire aux gens qu'en multipliant leurs besoins, on augmente leur joie ... La seule issue pour le monde actuel, c'est non pas la privation,mais c'est la joie dans le dépouillement".
L'orientation est donnée : vitalité et vérité, innocence à retrouver. Mais aussi le prix à payer : un travail intérieur préliminaire.


Eviter les frustrations ?
Oui, un maximum. C'est probablement la solution la plus simple, mais tellement à l'encontre de notre société actuelle !
Cela implique de se protéger de toutes les sollicitations et tentations malvenues

Qu'en disait Freud ?
"C'est au travers de la frustration et de l'attente que naît un Objet extérieur d'où vient la gratification. Sans cette frustration et cette attente, il n'y a pas de limites entre le Moi et le non-Moi."

La frustration est donc essentielle à l'existence. La plus grande frustration (précédant le complexe d'Oedipe) ne provient-elle pas de la séparation du bébé avec sa maman ? Mais comment pourrait-il en être autrement ?

Et la pensée Jungienne ? (source : merelle.net)C_G_Jung

Moi ? Qui, moi ?
Lequel es-tu de ces mille visages que tu montres ? Sais-tu qui t'habite ? Sais-tu qui tu es ? Sais-tu quel est l'élan qui te porte ? Es-tu un ou es-tu mille ? Tous les jours, ton humeur change ; avec elle, tes désirs et tes projets !
Tu rêves de transparence et te voilà plongeant dans le mensonge et la compromission.
Tu as soif de profondeur et d'intériorité et te voilà t'installant dans la banalité, cette banalité rampante qui rogne tes ailes naissantes.
Tu veux régler ta vie pour l'aventure intérieure et te voilà, écervelé versatile, te diluant dans le monde.
Où est ta continuité ? Qu'est-ce qui te fait toi ? Quel sens ta vie a-t-elle dans l'économie du monde ?
Ces questions lancinantes reviennent périodiquement. Elles entretiennent un fond de frustration et d'insatisfaction qui nous porte à désirer de plus en plus le changement.
Oh oui, échapper à ses routines, être en vacances de soi et de ses propres pesanteurs, ne plus revenir en arrière, avancer, alors que sur cette voie de la transformation, il semble bien qu'on n'en finisse pas de commencer !
Que faire ?
" Hic Rhodus, hic salta ", "C'est ici Rhodes, c'est ici que tu dois danser !" : Jung aimait répéter cette phrase. Oui, c'est ici et maintenant que nous devons vivre, oui une partie de nous ne doit pas craindre de s'engager dans le tourbillon du quotidien, mais il importe également de trouver en soi ce témoin intérieur suffisamment distancié pour ne pas s'identifier aux mouvements du moi. Là est le centre, là est le point fixe, c'est là que s'enracine le Je !

La frustration est une invitation à chercher le bonheur en moi-même ... et "trouver le bonheur est un art qui consiste à changer son regard en mettant des lunettes roses" (Jade).
Les 'lunettes roses', c'est : voir au travers de moi tout ce que j'ai de positif : mes projets, ma force, ma liberté, mon espérance, ma confiance en la Vie ... et être heureux de ce que je suis ... car ma valeur personnelle, c'est ce que je suis ... et non ce que j'ai !

vendredi 23 mai 2014

Le sacré est partout par Eckhart Tolle


Domestiquer l'inconfort


A l'aise dans les difficultésParmi toutes les compétences que j’ai apprises au cours des 7 dernières années à changer ma vie, une compétence sort du lot :
Apprendre à être à l’aise dans l’inconfort.
Si vous apprenez cette compétence, vous pouvez maîtriser quasiment tout. Vous pouvez vaincre la procrastination, commencer le sport, rendre votre alimentation plus saine, apprendre une nouvelle langue, traverser les défis et les événements physiquement exténuants, explorer de nouvelles choses, parler sur une scène, lâcher prise sur tout ce que vous connaissez, et devenir minimaliste. Et ce n’est qu’un début.

Malheureusement, la plupart des gens évitent l’inconfort. Je veux dire, ils l’évitent vraiment : au premier signe d’inconfort, ils vont courir aussi rapidement que possible dans la direction opposée. C’est peut-être le facteur le plus limitatif pour beaucoup de gens, et c’est la raison pour laquelle vous n’arrivez pas à changer vos habitudes.

Pensez à ceci : beaucoup de gens ne mangent pas de légumes parce qu’ils n’en aiment pas le goût. Nous ne parlons pas d’une douleur qui tord l’âme ici, pas de tortures à Guantanamo, seulement d’un goût auquel vous n’êtes pas habitué. Et donc ils ne mangent que ce qu’ils aiment déjà, autrement dit des sucreries et des trucs frits et de la viande et du fromage et des choses salées et beaucoup de farine transformée.
Le simple acte d’apprendre à s’habituer à quelque chose qui a un goût différent – pas vraiment si difficile dans le grand ordre des choses – fait que les gens sont en mauvaise santé, et souvent en surpoids.
Je le sais, parce que cela a été mon cas pendant tellement d’années. J’étais devenu gros, sédentaire, fumeur, et profondément endetté avec énormément de désordre et de procrastination, parce que je n’aimais pas les choses qui étaient inconfortables. Résultat : j’ai fini par créer une vie qui était hautement inconfortable.
La chose merveilleuse que j’ai apprise est qu’un peu d’inconfort n’est pas une mauvaise chose. En fait, c’est une chose que l’on peut apprécier, avec un peu d’entraînement. Quand j’ai appris cela, j’ai pu tout changer, et je suis plutôt bon en changements grâce à cette compétence.
Maîtrisez votre peur de l’inconfort, et vous pourrez maîtriser l’univers.


Éviter l’inconfort

Quand les gens sont stressés, ils se tournent souvent vers la cigarette, la nourriture, le shopping, l’alcool, la drogue, le sexe à outrance etc., n’importe quoi permettant de se débarrasser de l’inconfort de la chose qui les stresse. Et pourtant, si vous regardez ce stress plus en profondeur, c’est en réalité une peur infondée qui le cause (généralement la peur de ne pas être assez bon), et si nous l’examinions et l’exposions un peu à la lumière du jour, elle commencerait à disparaître.
Quand les gens commencent à faire du sport après avoir été sédentaire, ils ne sont pas à l’aise. C’est difficile ! Ca peut faire mal. Ce n’est pas aussi facile que de ne pas faire de sport. Ce n’est pas quelque chose que vous avez l’habitude de faire, et vous avez peur de mal le faire ou d’avoir l’air idiot. Et donc vous arrêtez au bout d’un moment, parce que c’est inconfortable, alors que ce n’est en réalité pas horrible d’être un peu mal à l’aise pendant un temps. Nous ne parlons pas d’une douleur incroyable, mais juste d’inconfort.
Quand les gens essayent de manger sainement, souvent ils n’aiment pas ça – manger des légumes, des noix entières, du lin, des fruits, du tofu, du sempeh, et des haricots noirs n’est pas aussi excitant que de manger sucré, salé, gras ou frit. C’est une forme d’inconfort de changer vos papilles, mais en réalité cela peut se passer facilement si vous traversez simplement cette zone d’inconfort.
L’inconfort n’est pas mauvais. C’est juste une chose à laquelle nous ne sommes pas habitués. Et donc nous l’évitons, mais au prix de ne pas être capable de changer les choses, de ne pas être en bonne santé, de ne pas être ouvert à l’aventure et au chaos d’une vie qui n’est pas lisse.


Maîtriser l’inconfort

Le moyen de maîtriser l’inconfort est de le faire confortablement. Cela pourrait sembler contradictoire, mais ça ne l’est pas. Si vous avez peur de l’inconfort, et que vous essayez de battre l’inconfort avec une activité frénétique, vous allez probablement abandonner et échouer, et revenir dans le confort.
Alors faites-le à petites doses.

1. Choisissez quelque chose qui n’est pas difficile. Prenons la méditation par exemple. Ce n’est vraiment pas si difficile – vous vous asseyez simplement et faites attention à votre corps et à votre respiration, dans le moment présent. Vous n’avez pas besoin de vider votre esprit (simplement de faire attention à vos pensées), vous n’avez pas besoin de psalmodier de trucs étranges, vous vous asseyez simplement et vous vous concentrez. Si vous n’aimez pas la méditation, essayez un nouvel aliment équilibré, comme le chou frisé ou les amandes entières ou le quinoa. Ou un exercice sportif relativement simple si vous êtes sédentaire, comme la marche ou le jogging.

2. Faites-en juste un peu. Vous n’avez pas besoin de commencer par 30 minutes d’une chose que vous n’avez pas l’habitude de faire. Faites-en seulement quelques minutes. Commencez simplement.

3. Repoussez votre zone de confort, un tout petit peu. Mon amie et prêtresse Zen Susan O’Connell a une technique favorite d’enseignement de la méditation que vous pouvez en fait utiliser pour n’importe quelle activité : quand vous méditez et que vous ressentez l’envie de vous lever, ne le faites pas ; puis quand vous ressentez l’envie de vous lever une seconde fois, ne le faites pas ; et quand vous ressentez le besoin de vous lever une troisième fois, alors levez-vous. Ainsi vous restez assis malgré l’envie et l’inconfort deux fois avant de finalement céder la troisième fois. C’est un bon équilibre, car de cette façon vous repoussez un petit peu votre zone de confort. Vous pouvez faire ça avec le sport et beaucoup d’autres activités – repoussez un petit peu.

4. Regardez l’inconfort. Regardez-vous lorsque vous entrez en zone d’inconfort – est-ce que vous commencez à vous plaindre (intérieurement) ? Recherchez-vous des moyens de l’esquiver ? Vers quoi vous tournez-vous ? Qu’arrive-t-il si vous y restez, et que vous ne faites rien ?

5. Souriez. Ce n’est pas un conseil bidon. Si vous pouvez sourire tout en étant dans l’inconfort, vous pouvez apprendre à être heureux dans l’inconfort, avec de la pratique. Quand j’ai fait le challenge Goruck en 2011, cela représentait 13 heures d’inconfort – les genoux élimés et ensanglantés, du sable dans mes chaussures pendant que j’escaladais et courais avec quasiment 30 kilos sur le dos, que je portais des coéquipiers ou des bûches, que je faisais des pompes et que je marchais en crabe et d’autres exercices, que j’avais besoin d’un bain et que j’étais fatigué et que j’avais faim et soif. Et pourtant, j’ai fait quelque chose de très simple : j’ai essayé de garder le sourire pendant tout cet inconfort. C’est un exercice important.
Répétez cet exercice quotidiennement. Cela sera étrange, peut-être difficile au début, mais rapidement votre zone de confort s’étendra. Si vous vous entraînez assez, avec différentes activités, votre zone de confort s’étendra pour inclure l’inconfort. Et alors vous pourrez maîtriser l’univers.


Ce que vous pouvez maintenant maîtriser

Si vous maîtrisez l’inconfort, que pouvez-vous dès lors maîtriser ? Quasiment tout :

1. La procrastination. Nous procrastinons pour éviter quelque chose d’inconfortable, mais vous pouvez apprendre à vous tenir à cette tâche, même si ce n’est pas confortable. L’inconfort n’est pas une mauvaise chose. Vous pouvez apprendre à gérer l’inconfort et à vous tenir à votre tâche importante.

2. L’exercice. Nous évitons l’exercice parce que ce n’est pas confortable, mais si nous pouvons étendre notre zone de confort un petit peu à chaque fois, nous pouvons faire de l’exercice une chose dans laquelle nous sommes à l’aise, au bout de quelques répétitions.

3. Écrire. Si vous voulez écrire mais que vous semblez toujours repousser, c’est parce qu’écrire est souvent difficile, ou moins confortable que de regarder des mails ou les réseaux sociaux (par exemple). Restez dans l’inconfort, et vous écrirez plus que jamais.

4. Manger sainement. C’est incroyable à quel point nos papilles peuvent changer avec le temps, si nous nous habituons petit à petit à des nourritures plus saines. Cela implique de passer par de petites périodes d’inconfort, mais ce n’est pas si mal par petites doses.

5. La méditation. Nous évitons l’inconfort de rester assis à ne rien faire, de se concentrer sur le présent. Mais ce n’est pas si difficile – juste un peu inconfortable.

6. Se lever tôt. Se lever tôt implique d’être un peu fatigué pendant un petit temps, mais ce n’est quelque chose de si horrible que ça. Lisez-en plus sur le fait de vous lever tôt.

7. Apprendre une langue/un instrument. Vous voulez apprendre quelque chose de nouveau ? Cela implique de faire une chose à laquelle vous n’êtes pas habitué, par définition, et donc souvent nous abandonnons avant de maîtriser cette nouvelle compétence, simplement parce que (vous l’avez deviné) on trouve cela inconfortable. Restez dans cet inconfort, et sous peu vous apprécierez apprendre cette nouvelle compétence.

8. Le désordre. Le désordre n’est qu’une autre forme de procrastination. Vous ne rangez pas les choses, ou vous laissez s’empiler des choses dont vous n’avez pas besoin, parce que ce serait inconfortable de vous en occuper dès maintenant (comparé, disons, au fait de surfer sur internet ou de regarder la télé). Mais s’occuper de quelque chose immédiatement n’est pas si difficile une fois que vous avez dépassé cette sensation d’inconfort.

9. Lire des romans. Nous avons tendance à éviter de nous asseoir avec un livre, parce que nous sommes attirés par quelque chose de plus confortable (là encore, surfer sur internet par exemple). Si nous pouvons simplement nous asseoir avec le livre et un léger inconfort, nous pouvons lire plus.

10. Vider sa boîte de réception mail. Une autre forme de procrastination – vous recevez des mails, vous y jetez peut-être un œil, mais vous repoussez le fait de les traiter parce que c’est plus simple de ne pas le faire.

11. Les dettes. C’est une suite de choses que nous devons traiter qui ne sont pas confortables – faire la liste de nos dettes et de nos factures, établir un budget simple, faire des choses gratuites à la place du shopping, etc. Mais je me suis désendetté en faisant finalement face à toutes ces choses, et c’était fantastique.

12. Les nouvelles aventures. Beaucoup de gens restent dans des endroits où ils sont à l’aise, ce qui fait qu’ils passent à côté de nouvelles expériences qui pourraient être un peu inconfortables. Même quand ils voyagent, beaucoup de gens en restent aux vues et aux plats pour touristes auxquels ils sont habitués, plutôt que de chercher des expériences étranges mais plus authentiques dans un nouveau pays. Nous évitons de rencontrer de nouvelles personnes, de parler sur scène, de nous débarrasser de ce que nous savons, d’être ouvert à de nouvelles choses… pour éviter l’inconfort.
Et ce n’est que le début. Dans chacun de ces domaines il y a beaucoup de choses sur lesquelles vous pouvez travailler dans les années à venir maintenant que vous n’avez pas peur de l’inconfort, et il y a beaucoup d’autres domaines d’exploration qui vous sont maintenant ouverts.
L’inconfort peut être la joyeuse clé qui ouvre tout pour vous.

La seule chose que je ne peux pas supporter, c’est l’inconfort. – Gloria Steinem